Editorial

 

Comment une association de psychanalyse, se laisse-t-elle travailler par l’instituant qui la traverse ?

Voilà une question par laquelle se laisser interroger, alors que s’ouvre une année de travail pour notre association marquée par la vitalité de ses activités, alors que s’entame une nouvelle présidence et vice-présidence soutenue dans son exercice par un bureau renouvelé. 

Répondre à cette question, ne passe-t-il pas par se donner les moyens de transmettre la psychanalyse en tenant compte de ceci, qu’il y a de l’intransmissible à sa transmission ? 

Soutenir cela, ce n’est certainement pas loger cet intransmissible à la place d’un idéal, d’un Graal de la transmission : ce qui nous mènerait à l’impasse. 

Cela engage – cela force, dit Lacan – chaque analyste à réinventer la psychanalyse, « d’après ce qu’il a réussi à retirer du fait d’avoir été un temps psychanalysant. Que chaque analyste réinvente la façon dont la psychanalyse peut durer. »

Notre association Afb se tient-elle vivante de s’efforcer de mettre à la question la façon singulière qu’a chaque membre, quand il engage son désir d’analyse, de réinventer/d’avoir à réinventer, à chaque fois, la psychanalyse ? Mon invitation, à l’ouverture de nos activités, est que cette question trouve sa voie dans nos différents groupes, séminaires, cartels, et en particulier à l’Atelier des membres, cœur battant de l’association qui cette année nous réunira autour de la question du transfert, à partir des interventions des collègues de l’Afb qui participèrent aux journées AfB-ALI d’octobre dernier, « Le transfert à l’épreuve de nos cliniques ». Parions que cet effort de transmission qui n’advient pas sans reste, sans butée sur de l’intransmissible, ni sans énonciation, mobilise, dans la cordialité des échanges à laquelle nous tenons, la dimension du collectif de notre travail associatif.

 

Clotilde Henry de Frahan, Présidente de l’Afb


Vendredi 08 Septembre 2023